De tous les domaines de l'économie et du commerce, la finance est certainement celui pour lequel nous éprouvons le moins de sympathie. Probablement, car nous soupçonnons la finance et les financiers de ne rien apporter ni à l'économie mondiale ni au commerce entre les nations. Nous avons l'impression que banquiers, traders et dealers sont des hommes d'affaires dont le but est de s'enrichir (ce qui pourrait être normal) mais sans apporter aucune contribution aux autres métiers plus productifs.
Pensez à l'art de jouer en Bourse, souvent avec l'argent des autres; de spéculer sur des biens nécessaires (parfois sur des denrées alimentaires) en créant des mouvement de prix et d'approvisionnement catastrophiques pour les ménages les plus faibles et pour les nations défavorisées; de manier et de gagner des sommes souvent excessives sans aucune utilité publique; et nous préférons arrêter ici la descriptions des différents dégâts des spéculations financières pour ne pas décrire aussi les activités qui sont aux limites (ou au-delà) de la légalité: le procès en cours à l'encontre d'un jeune trader d'une grande banque française remplit les pages des journaux (non seulement économiques).
A ce sujet, tant de personnes nous demandent qui paye la note pour toutes ces pertes financières qui atteignent des montants énormes. Hélas, la réponse est exactement celle que personne n'a envie d'entendre: pour tous les erreurs des gouvernements et pour toutes les perversités de la bulle financière, c'est bien le contribuable et le consommateur qui paye la note.
Nous avons entendu de nombreuses justifications des activités financières: comme quoi soi-disant elles rationnaliseraient et elles optimiseraient les marchés internationaux; en faisant l'arbitrage entre les cours des différentes bourses elles équilibreraient les prix mondiaux; en fournissant des prêts avec taux d'intérêt (fixe ou variable) elles fourniraient des ressources monétaires et budgétaires aux entreprises et aux ménages pour effectuer leurs dépenses.
Evidemment, il n'en est rien. Un environnement économique avec accès au financement à taux zéro serait beaucoup plus sain et vivable. Un marché mondial sans spéculation sur le sucre, sur le blé, sur le pétrole et sur d'autres biens de consommation et matières premières indispensables serait sans doute tant meilleur...